Mes doigts tapotent ce clavier d'aluminium gris à la recherche de l'inspiration qui, ne venant pas, me pousse à écrire ce que je n'arrive pas à imaginer. Je crois comprendre que l'écriture est une sorte d'apaisement de l'âme en souffrance pour celui qui parvient, de par la beauté des mots, à soulager son être. Je crois être sûre d'être de ces personnes qui atténuent leur douleur à travers l'accouchement de sentiments sur papier blanc. Papier de soie, papier de chiffon, papier virtuel. Peu importe la matière. L'essentiel réside dans le simple fait d'émettre en extérieur des maux communs aux hommes, qui bien souvent s'enfouissent dans le plus profond de leurs corps. Je crois qu'écrire provoque, à ceux qui côtoient avec bonheur la douceur des mots, une sorte de dépassement d'eux même. Comme dans la course, comme dans le dessin.. cette possibilité, cette ouverture par delà nous même de nous dispenser de soucis puérils qui nous encombrent l'esprit.
Mais aussi paradoxale soit-il, c'est pourtant ces mêmes émotions du mal qui nous permettent d'écrire. La torture de l'esprit inspire les plus grands chefs d'oeuvres.. la torture est comme le sang de l'écriture.
Enfants des mots, nous écrivons avec notre sang, notre chair. Chaque partie de notre humble corps est mise à disposition de cet art qui se nourrit du mal et soulage notre coeur trop souvent meurtri.
Je vous aime mots. Je vous aime plus que je n'aimerai jamais aucune chose. Je vous aime de m'accompagner perpétuellement, je vous aime d'être les seuls à me comprendre. Je vous aime car vous êtes ce que j'ai de plus cher. Mon unique monde impénétrable. Je vous aime car vous m'êtes miens. Miens et uniques.